31 octobre 2008

La Figuration narrative à l'Hospice Comtesse

Je suis allé ce jour visiter l'exposition sur la Figuration narrative, qui se tient à l'Hospice Comtesse de Lille jusqu'au 12 décembre 2007. La fondation Demeures du Nord est à l'initiative de cette exposition, dans sa volonté de permettre à un large public d'accéder gratuitement à des courants majeurs de la peinture du XXe siècle.

La figuration narrative est née dans les années 60. C'est un peu la réaction française à l'abstraction qui dominait l'art pictural dans ces années-là. Elle se caractérise par un retour à la figuration, sans pour autant renouer avec la représentation réaliste qui prévalait jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Dans la figuration narrative, les artistes empruntent des éléments au réel, pour les agencer dans des constructions qui n'aboutissent pas à une représentation purement réaliste, mais qui racontent au spectateur leur perception de la vie quotidienne, économique et politique de l'époque, apogée des Trente glorieuses mais aussi de la Guerre froide. Pour cela, ils empruntent des techniques issues de la photographie, de la publicité ou de la bande dessinée

Quelques oeuvres qui m'ont particulièrement "tapé dans l'oeil" : Erro, Carscape : évocation de l'abondance de l'automobile dans notre société ; Guyomard, La Cheminée trottante : à la manière d'un dessin d'enfant ; Alain Jacquet, Le déjeuner sur l'herbe : un remake de l'oeuvre de Manet à partir de points de couleurs peints sur des couches vitrées superposées ; Monory, Meurtre 6 : un univers froid et bleuté où le tableau lui-même est criblé par les impacts des balles ; Télémaque, Le garçon voit rouge : comme une allégorie de la vie à l'air libre à travers le camping.

Le site officiel de l'exposition propose quelques reproductions de tableaux et toutes les informations utiles. Lire aussi au sujet de cette expo cet article de La Voix du Nord et celui-ci paru dans Nord-Eclair. Des blogs en parlent également : J'aime pas l'Art (mon oeil ;-) ; Les Ch'tis Pichonat ou encore Bruce TV.

18 décembre 2007

Demain, la ville numérique

Martine Aubry, en précampagne électorale, invitait dernièrement les Lillois à la Maison de l'éducation permanente pour un cycle de rencontres autour de problématiques actuelles. L'annonce de la soirée du 12 décembre avait retenu ma curiosité : il y était question de la "ville numérique", et l'un des intervenants, Daniel Kaplan, est co-rédacteur d'un blog qui figure en bonne place depuis longtemps déjà dans mon agrégateur: InternetActu.

Dans son intervention, Daniel Kaplan a rappelé tout d'abord que "ville numérique" et "ville minérale et charnelle" ne sont pas sur des plans séparés, mais s'imbriquent étroitement l'une dans l'autre. La première se dessine, se contrôle, innove numériquement. Il a dessiné ensuite les contours de ce que serait une "bonne ville" numérique :

  • Une ville personnelle, familière et partagée. Imaginons par exemple des abribus dotés d'écrans qui délivrent une information locale sur le quartier où ils sont implantés
  • Une ville ouverte, participative, régulée. Daniel Kaplan fait ici référence aux blogs "citoyens" comme MonPuteaux.com, qui sont devenus de puissants moyens d'information locale, mais aussi parfois de redoutables contre-pouvoirs.... Il insiste aussi sur des dérives possibles, comme ces cartes de la criminologie établies par des citoyens eux-mêmes dans des villes américaines.
  • Une ville sûre et retenue. Il a été question ici de vidéosurveillance, dont il a également pointé les limites.
  • Une ville dynamique, sociale et durable

Le nom de Philippe Lemoine m'était quant à lui inconnu, mais je ne tarderai pas à me procurer son dernier livre, La nouvelle origine, tant le propos de ce spécialiste des nouvelles technologies tout autant que de l'économie m'a "emballé".

Philippe Lemoine a commencé à tordre le cou à cette idée reçue qui veut que la France serait en retard en termes de nouvelles technologies, en montrant que sur le plan de l'utilisation personnelle, nous sommes plutôt en avance (haut débit, wifi, e-commerce, blogs, wikis), mais qu'en revanche nous accusons du retard dans l'informatique d'entreprise. Il a ensuite rappelé que les technologies numériques constituent effectivement une véritable tornade, mais une tornade qui bouge : les technologies utilisées aujourd"hui ne sont pas stabilisées.

En partant de l'opposition entre cité grecque et cité romaine, il a ensuite établi une différence entre pouvoir et autorité, en définissant l'autorité comme la capacité à oser, à s'autoriser à élaborer des choses nouvelles, et en envisageant comment les nouvelles technologies peuvent en l'occurence nous autoriser à rapprocher des mondés éloignés.

Alors, et si nous "osions" quelques pas de plus dans la création de villes numériques ? Un exemple me vient à l'idée : ma "bonne ville" de Lille est dotée d'une remarquable médiathèque. Celle-ci est implantée sur plusieurs sites (en gros un par quartier), mais cette multipolarité n'est en rien un inconvénient car la médiathèque dispose d'un site web. Sur ce site on peut, chez soi ou sur place, consulter le fonds documentaire de n'importe quelle antenne, réserver un ouvrage. C'est déjà une grande avancée, mais pourquoi ne pas imaginer que sur chaque fiche, les lecteurs puissent aussi déposer un commentaire sur l'ouvrage qu'ils ont lu, ou pointer vers un article qu'ils ont rédigé à ce sujet sur leur blog ? Ou encore, un peu à la manière des recommandations en usage sur Amazon, pourquoi ne pas imaginer une fonction de recommandations du genre : "Les lectrices et lecteurs qui ont emprunté cet ouvrage ont aussi emprunté..." ? Pourquoi ne pas imaginer, pour celles et ceux qui le souhaitent, de se géolocaliser sur une carte de la ville ?

Bref, M. Lemoine, avec l'enthousiasme qui est le vôtre, vous avez apporté la preuve que l'internet est un outil prodigieux de rapprochement entre les citoyens, même si la fracture numérique est encore réelle en termes d'équipements. J'ai hâte de déflorer votre livre à présent. Grrr... on ne le trouve pas (encore ;-) à la bibliothèque de Lille !

21 août 2006

Foaf Vix, pour visualiser des fichiers FOAF

Créé par Wojciech Polak, FOAF.Vix (en) est un nouvel outil permettant de visualiser et de parcourir des fichiers FOAF (en). L'interface est très claire, cependant elle reste assez simple comparativement à d'autres outils déjà existants :

  • FOAF Explorer, certainement le plus complet. De plus, FOAF Explorer ne parse pas les fichiers dont la syntaxe RDF n'est pas valide : un bon moyen pour tester son fichier FOAF, donc ;-)
  • FOAFer, design très réussi
  • FOAFmap.net, par Alexandre Passant. L'intérêt majeur de cette interface est la géolocalisation des FOAF sur une carte, via Google Maps
  • FOAF-inator : Des fonctions avancées, permettant d'afficher un FOAF issu de la communauté Livejournal simplement en entrant le nom de l'utilisateur. FOAF-inator est aussi la seule interface que je connaisse qui affiche non seulement la liste des personnes que vous connaissez mais aussi des personnes qui vous connaissent (known by)
  • FOAFiler, pour parcourir les FOAF de la communauté Ecademy

20 août 2006

Deux ou trois choses sur l'accessibilité

En parcourant www.HowToCreate.co.uk à la recherche de l'aide nécessaire pour modifier l'un des User JavaScripts pour Opera écrits par l'auteur, je me suis arrêté sur cette page à propos de l'accessibilité des sites web (en). La plupart des conseils prodigués par Tarquin me sont déjà familiers, mais j'ai relevé ces quelques petites choses auxquelles je n'avais jamais songé :

On connaît l'importance de l'attribut title, notamment pour donner la signification d'une abréviation ou d'un acronyme. Mais Tarquin rappelle qu'il peut être utilisé avec presque tous les éléments. On peut ainsi ajouter un commentaire ou une instruction, qui pourra utilement accompagner les utilisateurs de lecteurs d'écran dans leur lecture "orale" de la page. Un exemple :

<p title="Ce paragraphe donne quelques exemples qui illustrent le phénomène décrit précédemment.">

Tarquin évoque aussi l'intérêt des moteurs de recherche interne en termes d'accessibilité, comparativement aux plans de site. Pour effectuer une recherche dans le plan du site, l'utilisateur d'un lecteur d'écran devra en effet lire écouter l'intégralité du plan, alors que dans un navigateur visuel, l'oeil peut "balayer" la page. Grâce au moteur de recherche, le non-voyant accède immédiatement à la liste des résultats qu'il recherche.

Autre trouvaille intéressante, ce que Tarquin appelle en anglais la site signature. Il s'agit d'ajouter un attribut id identique à chaque page du site, de sorte que l'utilisateur pourra appliquer sa propre feuille de style à un site donné s'il est gêné par celle réalisée par l'auteur. Tarquin suggère, par convention, de choisir comme valeur à cet attribut id le nom du domaine concerné, en remplaçant les points par des tirets. Exemple :

<body id="www-howtocreate-co-uk">

Tarquin encourage par ailleurs l'utilisation des fameuses accesskey, qui ont déjà alimenté tant de fils de discussion... Personnellement, je persiste à ne pas y avoir recours, tant qu'elles ne feront pas l'objet de conventions standardisées, et surtout qu'elles ne provoqueront aucun conflit avec les raccourcis existant dans le navigateur ou définis dans celui -ci par l'utilisateur !

19 août 2006

Gérer ses signets dans le navigateur Opera

Le navigateur Opera offre des fonctionnalités réellement intéressantes pour gérer ses signets. Lorqu'on affecte un signet à une page (CTRL + D), il est possible d'ajouter une description à celui-ci. L'intérêt majeur de renseigner cette description, c'est de pouvoir ensuite effectuer une recherche dans ses signets sur un mot ou toute chaîne de caractères. Car Opera porte sa recherche non seulement sur le titre des signets, mais aussi sur leur description et leur URL : On ouvre le panneau des signets, tous s'affichent dans un premier temps ; on tape sa recherche, et le panneau ne laisse progressivement apparaître que les signets dont le titre, l'URL ou la description contiennent la chaîne de caractères demandée !

Les recherches seront d'autant plus pertinentes qu'on aura renseigné ces descriptions avec soin. On peut opter pour une courte phrase, ou plus simplement pour une énumération de mots-clés à la façon des fameux "tags" des applications de partage de signets en ligne. Du temps perdu, penserez-vous ? Pas tant que ça, vu les services que cela peut rendre ensuite. Et puis c'est toujours un excellent exercice que de s'accorder quelques secondes de synthèse devant une page qu'on s'apprête à graver dans ses tablettes ;-)

Du coup, le classement des signets en dossiers et sous-dossiers thématiques est quasiment superflu. On s'épargne ainsi des dilemmes interminables devant une page web qui "rentre" autant dans une catégorie que dans une autre. On peut parfaitement ranger tous ses signets dans un seul dossier, ou basculer pou un autre mode de classement.

Personnellement, j'ai opté pour un classement chronologique. Je crée un dossier par mois. Tout simplement car cela facilite les grandes manoeuvres de nettoyage, plus sensibles dans des dossiers anciens que dans celui du mois dernier...

Cela peut permettre aussi d'exporter les signets d'un mois donné au format HTML, afin de les publier sous forme de page web éventuellement. Pour cela : cliquer droit sur le dossier concerné, sélectionner "Fichier" puis "Enregistrer les items sélectionnés en HTML..."

Autant dire qu'en termes de gestion de signets, Opera n'a plus grand chose à envier aux del.icio.us et consorts, le partage social des signets mis à part bien entendu.

Un dernier truc à propos des signets dans Opera, repéré dans ce post de Monkeyget : chaque signet peut être assorti d'un "surnom" qui lui est propre. Un raccourci en quelque sorte. On tape shift + F2, on entre le surnom, et la page demandée s'affiche directement !